1 JOUR – À LA RENCONTRE DE…

1 jour à la rencontre

1 JOUR – À LA RENCONTRE DE

CHARLINE COUPEAU

Docteure en Histoire de l’Art, gemmologue, spécialiste de la bijouterie du XIXe siècle

Après vous avoir donné quotidiennement rendez-vous avec 1JOUR-1BIJOU, et puisque la période difficile que nous traversons continue de s’étirer dans le temps, nous vous proposons d’en profiter pour découvrir qui se cache derrière le projet d’Histoires de Carats. Chaque jour, partez à la rencontre de Céline ou de Charline à travers, un livre, un musée, un film….dédié au bijou!

1 jour à la rencontre de interview

Quel livre dédié au bijou aimerais-tu présenter ?

ciambelli bijoux à secrets livre

Il s’agit d’un livre qui vous convie à un rendez-vous avec des Bijoux à Secrets…Écrit par l’ethnologue italienne et conservatrice du Musée national des Arts et des traditions populaires de Rome, Patrizia Ciambelli, cet ouvrage s’interroge sur la place et le rôle des bijoux dans la vie des femmes et des hommes d’aujourd’hui. Somme d’une enquête de terrain réalisée entre l’Italie, l’Espagne et la France, l’auteure rapporte les récits intimes de ceux et de celles qui ont accepté d’ouvrir leurs coffres à bijoux, fourmillants de secrets. Établi comme constructeur d’identité, le bijou dévoile des parcours de vie à travers une dimension esthétique, symbolique, historique et sociale…

Quel musée dédié au bijou aimerais-tu conseiller ?

Aller simple pour Lisbonne où se trouve le Musée Calouste-Gulbenkian qui rassemble les œuvres du collectionneur d’art arménien du même nom (1869-1955). Outres des pièces allant de l’Antiquité au XIXème siècle, de l’orient à l’occident, de la peinture aux arts décoratifs, le musée renferme le plus grand et bel ensemble de bijoux de René Lalique achetés directement à l’artiste.

Avec qui aimerais -tu avoir rendez-vous pour parler Bijou ?

La première personne à laquelle je pense est le philosophe et sociologue allemand, Georges SIMMEL (1858-1918) dont les travaux ont été redécouvert dans les années 1980. Il est notamment l’auteur d’un très bel essai sur la Parure. J’aime ses réflexions sur le désir qu’à tout individu de se parer et de briller. Plus proche de nous, l’historien Gil BARTHOLEYNS qui s’intéresse aux cultures de l’apparence et à une ethnographie des usages ou encore l’anthropologue Philippe DESCOLA qui dépasse dans ses recherches le concept dualiste de nature-culture pour ouvrir le bijou à l’interdisciplinarité.

Si tu étais une pierre ?

Difficile de choisir, mais définitivement une pierre bleue ! Mon cœur balance entre La Cyanite qui en belle qualité gemme peut se confondre avec le Saphir, l’Apatite pour son bleu « schtroumph »  ou La chrysocolle. Pour les peuples incas cette pierre était le symbole de l’eau. La marbrure de ses couleurs oscillant entre bleu turquoise et vert émeraude n’est par ailleurs pas sans rappeler la planète terre.  Peu commune en joaillerie, elle est aujourd’hui employée avec audace par des créateurs contemporains comme Thomas Aurifex, découvert récemment au Salon Bijorhca

Si tu étais un Bijou ?

Des boucles d’oreilles. Se percer les oreilles est l’une des plus anciennes altérations du corps. Si aujourd’hui nous avons tendance à n’avoir qu’une perception esthétique de ce bijou hypersexualité, il est un véritable révélateur de celui qui le porte et cache de profondes croyances. J’ai un véritable coup de cœur pour le travail très élaboré de ces boucles d’oreilles de la période hellénistique dont je possède un reproduction fantaisie.

boucles doreilles en or antique

Boucles d’oreilles. Or, Grèce, période hellénistique, vers 300 B.C, New York, MET, Rogers Fund, 1948, N°48.11.2, .3

Quel serait le lieu où tu aimerais faire une session de cours ?

Ingres musée arts nantes

À Nantes dans des institutions comme le Musée d’arts de Nantes pour faire un lien avec la peinture, au Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes pour une approche plus gemmologique… Sinon à l’étranger, en Allemagne, à Londres, en Italie et aux États-Unis pour les belles collections de bijoux que renferment certains musées!

INGRES Jean Auguste-Dominique, Portrait de Madame de Senonnes.(détail) Huile sur toile, 1814, Nantes, Musée d’Arts, Crédit photographique : Cécile Clos/Musée d’arts de Nantes

Sur quels thèmes as-tu déjà écrit ?

georges de feure la voix du mal

 

En parallèle de réflexions pluridisciplinaires sur la bijouterie du XIXe siècle, j’ai eu l’occasion d’écrire sur la poétique des bijoux Art Nouveau, la parure de la femme fatale, le dialogue entre bijouterie et littérature, et dernièrement sur le désir…à paraître très bientôt !

DE FEURE Georges, La voix du mal. Huile sur bois, 65 x 59 cm, 1895, Collection privée

Quel est ton créateur designer préféré ?

J’aime énormément les pièces proposées par la créatrice d’origine brésilienne Silvia Furmanovich. À la préciosité de l’or et des pierres, elle associe des matières peu communes en joaillerie comme le bois qu’elle travaille en marqueterie. Il en ressort des pièces qui en plus de faire preuve d’une belle technicité, émerveillent par la multiplicité des inspirations.

Si on te dit Bijou et Musique ?

Shine of you crazy diamond de Pink Floyd. Planant, intemporel !

Si on te dit Bijou et Cinéma ?

Peau d’âne de Jacques Demy avec les chansons de Michel Legrand ! Un classique qui a émerveillé mon enfance avec Catherine Deneuve et ses robes couleur du temps, de lune et de soleil, son cake d’amour où elle cache son bel anneau et l’âne qui crotte des pièces d’or et des diamants faisant la fortune du royaume. Un conte entre enchantement, exubérance kitsch et lucidité acide.

Si on te dit Bijou et Littérature ?

jean lorrain princesses d'ivoire et d'ivresse

 

Travaillant actuellement sur le dialogue entre bijouterie et littérature, il n’est pas facile de faire un choix. Je retiens toutefois Princesses d’ivoire et d’ivresse de Jean Lorrain de 1902. Des contes cruels à l’écriture peut être maniérée mais foisonnants de bijoux et de pierres précieuses qui ont d’ailleurs inspiré certaines des créations de René Lalique, fidèle représentant du mouvement Art Nouveau.

 

Si on te dit Bijou et Danse ?

danseuse bijoux lumineux gustave trouvé

 

Je pense à la première ballerine paré des bijoux électriques lumineux réalisés par l’ingénieux Gustave Trouvé dans les années 1880 afin de produire de merveilleux effet sur scène.

 

 

 

Quelle est ta période préférée ?

Sans hésitation le XIXème ! Ce siècle complexe fourmille d’inspirations passées, de techniques ancestrales connues depuis l’Antiquité mais aussi de nouvelles innovations en matière de bijouterie. C’est un véritable condensé ! J’affectionne plus particulièrement la production de la fin de la période et la poésie qui se dégage des créations Art Nouveau.

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